vendredi 14 juillet 2017

disparition






Je l'ai retrouvée sur la plage l'on m'a dit c'est le pêcheur parti tôt ce matin qui l'a laissée jamais pourtant je ne l'ai croisé ai imaginé sa remorque pleine de poissons et de coquillages abondance en route incessante à travers la plage seule est restée sa trace ensablée au milieu des algues me suis installée pour guetter fermement son retour





jeudi 13 juillet 2017






leçons de choses histoires de rien et ces questions d'enfant pourquoi les oiseaux ont-ils des têtes noires et des pattes rouges que n'épuisent les réponses amenées par le vent sternes sternes sternes a pourtant dit l'écho






histoires de rien












c'est le vent qui hurle souffle et crie comme une colère d'enfant il tourbillonne dans les murs sable soleil autour du verre du soir il raconte ce que veulent dire les locaux calme ce matin lumière ascendante retrouvaille





mardi 11 juillet 2017

l'océan sans boussole











et ce bonheur de retrouver l'océan  sans boussole si ce n'est celle de l'enfance de ses cinq ans pourquoi cinq ans serait-ce l'âge d'un Noël avec sa première poupée dans sa boîte avion et les poumons pleins du large avec les yeux étoiles et les jambes ensablées cinq ans pour toute l'éternité en son regard océan brume salée mouettes du Pacifique et c'est l'eau hors temps que tu inspires et expires en chacune de ses molécules insouciance vacances enfance vagues ressac sans cesse sans cesse présent d'éternité












lundi 10 juillet 2017

orages






orage orage tant cette nuit et la boue ce matin en appelle au voisinage oiseaux tapis dans les arbres baignés d'eau ils regardent passer les escargots passent les mouettes et puis les nuages soucis de la vie puissiez-vous passer aussi 



dimanche 9 juillet 2017

jeune à cent ans



Résultat de recherche d'images pour "hokusai self portrait"



L'on ne nait pas jeune on le devient
Hokusai Katsushika disait :

"Depuis l'âge de 6 ans, j'avais la manie de dessiner la forme des objets. Vers l'âge de 50 ans, j'avais publié une infinité de dessins, mais tout ce que j'ai produit avant l'âge de 70 ans ne vaut pas la peine d’être compté. C'est à l'âge de 73 ans que j'ai compris à peu près la structure de la nature vraie des animaux, des herbes, des arbres, des oiseaux, des poissons et des insectes. Par conséquent, à l'âge de 80 ans, j'aurai fait encore plus de progrès ; à 90 ans, je pénétrerai le mystère des choses ; à 100 ans, je serai certainement parvenu à un stade merveilleux et, quand j'aurai 110 ans, tout ce que je ferai, un point, une ligne, sera vivant."
comment dire en vérité ce que fait entendre Hokusai peut-être qu'avec le temps la répétition  peut dépouiller les mots les formes les traits et les points de leurs scories d'où un certain bienfait de la répétition mais elle vient détruire sa propre nature en ne répétant plus du même mais en amenant du neuf
vie souffle et mots en ses lapsus ou inventions deviendraient alors opportunité jeunesse voire naissance  quintessence saisie enfin sur le seuil où le corps s'en va
un petit tour et puis s'en va et seul reste le temps de faire le parcours et l'expérience
est-ce ce pourquoi le singe sourit






 Singe, jouant avec un jouet, 1800, Hokusai ( 1760-1849 )






attrape papillons ou libellules 
défleuri ce matin
orages dans la nuit
écoute venir la pluie 
perles d'eau encore
oh oui






vendredi 7 juillet 2017

découverte du matin



 il y a le chemin paysage que l'on fait seul à deux à trois ou à quatre en s'exclamant et puis soudain j'ai vu ce que je ne suis pas arrivée à formuler ni à dire plus avant c'est un chemin un lieu peut-être dans son temps face à l'inconnu 

et en lisant ces phrases de Jabès dans "Esprits nomades" :

"Il n'y aura jamais assez d'heures pour venir à bout de la mémoire.

« Avant il a l’eau, après il y a l’eau ; durant toujours durant, … Jamais l’eau sur l’eau, jamais l’eau pour l’eau, mais l’eau où il n’y a plus d’eau, mais l’eau dans la mémoire morte de l’eau. Vivre dans la mort vive, entre le souvenir et l’oubli de l’eau entre la soif et la soif… »
Ainsi dit la voix profonde et calme de Jabès. Voix venant des déserts, sereine de toutes les caravanes et de tous les hiéroglyphes, de toutes les sagesses. Et surtout de toutes les mémoires."

c'est une autre eau encore que celle évoquée ici par Jabès qui m'est apparue, une eau du lieu, un être de l'eau, être là au monde qu'accompagne le langage qui le borde peut-être est-ce pour cela que poésie est nécessaire.

découverte si mineure mais lever de soleil de bonne heure ce matin avant les embarras du jour
petit rien qui m'a rendue joyeuse





jeudi 6 juillet 2017

fraîcheur matin







ils étaient blancs hier et les voilà noirs n'est-ce ton regard ou le fleuve qui t'ont joué ce tour
est-ce le lieu ou le moment qui cherche ainsi à se retrouver tous les matins
ce sont des bruits peut-être des cris
soudain est là dans la lumière plistes de monde dans ce hors-temps qui fait plisser tes yeux
c'était sur le chemin qui ne se lasse


mardi 4 juillet 2017

cuisine d'aromates








Ocimum basilicum thyrsiflora et Perilla frutescens étaient leurs noms botaniques mais elle me les avait donnés habillés des noms familiers de son jardin intérieur la giâp ca et la tia tô elles les semait les observait comme l'on élève des enfants l'un tendant ses bras l'autre étirant ses jambes et ce dès le matin habitée par je ne sais quel malheur précoce de la vie elle le portait encore la soixantaine passée mais venant me parler des recettes d'une vie peuplée de mère mari enfants et petits enfants jamais à la place qu'elle aurait voulu mais l'auraient-ils pu elle est repartie souriante dans une adresse retrouvée oh si petite adresse sur le chemin d'une vie mouvementée elle a déposé une fois encore grands et petits malheurs et nous avons pu rire ensemble des farces et des joies d'une langue assaisonnée d'humour qui la fait trébucher une fois encore sur les mots ah que les aromates  peuvent être doux et aidants certains matins j'ai frotté la mémoire de leurs feuilles cherchant l'oraison de leur parfum cumin menthe ou n'était-ce basilic réglisse







lundi 3 juillet 2017

17, 18, 19, 20 ! oh oui je vous assure





toujours par deux ils sont revenus dans le bras calme du fleuve presque devenu étang en cette époque de l'année et les battements de leurs ailes m'ont fait imaginer qu'ils me parlaient quelque langue cygne onomatopées insignes tous phatiques de voyages et l'eau toujours l'eau tournoyante incarnoyante de reflets qui font dire encore et toujours combien l'océan est loin et sans beaucoup de façons je me suis demandée ce que leurs frappements d'ailes pouvaient bien traduire de voyages inachevés dans l'ombre des nuages vers son sud de sable blanc
 

dimanche 2 juillet 2017



toujours là passeure passante familière de la rosée qui taquine le museau des poissons loin des regards elle flotte suspension sur pages blanches en ses bulles sphères de monde



vendredi 30 juin 2017

petits riens



flocons  mouettes ce matin
balayent les gens aux airs savants

lançant la discorde
face aux discours qui secourent

dans l'été devenu frais
la rose trémière
a oublié ses feuilles sèches

le puits est-il sec
ou n'ai-je su faire marcher la pompe
mon regard dans l'eau
oh vertiges

je craignais que tu ne me manques
mais voilà le retour de la lumière

petits riens
vous n'êtes rien
seulement menus éclats 
d'une parole
sur le chemin du regard

















 

mercredi 19 avril 2017

Le mur bleu







C'est un mur aux grappes lourdes ployant sous les chaînes contre l'ardoise il y souffle le silence matin déchiré soudain par un battement d'ailes au cœur de son phrasé de lianes







lundi 17 avril 2017

clapotis de l'eau













Passe le passeur qui ne se lasse des après-midis du fleuve lumière oblique à fleur d'ombre était l'eau











dimanche 16 avril 2017

Ecume















Tu es revenue, tu es arrivée, a dit la vague, tu es chez toi à chaque instant, sur chaque grain de sable, tu as creusé le rivage et rêvé l'océan.  Respire, marche, vole. Nul besoin de ligne d'horizon. N'es-tu là, infiniment là. Brume au vent du monde, bulles, bulles, vacuités éphémères.





dimanche 9 avril 2017

Questions méditatives





Elle a questionné et questionné, quêtant une vérité, peut-être la sienne, dans les réponses qu'elle cherchait du côté de l'autre, prélevant les mots qui lui en venaient pour chercher les signifiants qui l'apaiseraient. Les questions induisaient-elles des réponses, mais surtout des discours et des tonalités d'affirmations, de certitudes bien déplacées, insupportables, dont aucune ne lui convenait. Entre questions sans fin, mimant l'innocence d'un non-savoir, qui venaient critiquer l'autre et affirmations de certitudes qui effaçaient la fraîcheur de sa recherche, lui est apparue cette étrange découverte, celle d'un chemin oxymorique pulsant entre questions et réponses, sur un bord toujours instable. Comment dire sans placer l'autre en cette position de maître et de savoir qui viendrait induire l'esclavage d'une énonciation ? 
Il lui est revenu cette anecdote que je raconte ici de façon peut-être déformée. Un jeune disciple avait fait un long chemin pour venir voir un maître zen renommé. Il arriva le premier jour et lui expliqua le sens de sa démarche, ses sacrifices pour venir le voir et poursuivre sa quête et son chemin. Le maître lui répondit : " reviens demain" . Le jeune disciple revint le lendemain et le maître lui fit la même réponse. Au bout de quelques jours, le jeune disciple s'impatienta et interpella son interlocuteur en lui réclamant enfin une réponse. Ce dernier lui répondit  alors : " ne vois-tu pas que nous dialoguons déjà ?"
Sans faire l'apologie du silence et de l'absurdité apparente de la situation, une voie s'ouvrirait à l'encontre du discours courant. Inclure le silence, soit le suspens de la réponse, même momentanément, déplacerait-il le torrent de questions et l'aliénation qui découlerait dans ce type d'adresse à l''autre. Ce type d'énonciation porterait-il la part de responsabilité de celui qui l'émet en posant des questions, voire même en se posant comme en opposition, en révolte, porterait-il sa part de responsabilité dans la construction du tyran ? La réponse n'est sans doute pas univoque, car quel est le chemin, et le temps du disciple, figure ici du commun des mortels, éternel apprenant en son trajet de vie, face à cette autre figure psychique qu'est cette image du " maître", dotée d'un objet qui pourrait se prendre enfin.
Une autre phrase lui est revenue mais de qui est-elle donc ? " L'homme vaut les questions qu'il se pose. "
Questions méditatives... peut-être sans réponses, ou aux réponses partielles et plurielles, voire temporelles. Oxymore est le chemin, a-t-elle dit. Est faux, ce qui tombe à côté, falsus, mais vertu aussi de ce falsus, de cette faux qui déblaye et débroussaille le chemin. 
Soleil ou lune a semblé se demander le jour ce matin. La promenade m'a semblé belle...



vendredi 7 avril 2017

Circulatoire, vases communicants avril

Faut-il encore présenter "les Vases Communicants", dont l'idée fut lancée par F Bon ?
/http://www.tierslivre.net/

Merci à Marie Noëlle Bertrand de permettre d'en poursuivre encore l'aventure, voici la liste des participants de ce vendredi 7 avril 2017
http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/2017/03/liste-vases-communicants-davril-2017.html

Je l'expérimente à nouveau ce mois-ci, avec Dominique Hasselmann en son blog " Métronomiques".
/http://hadominique75.wordpress.com/
 
Circulatoire...est le thème lancé par Dominique. J'ai pris la balle au bond. On parle de système circulatoire, quand des fluides circulent entre des organes. J'ai imaginé des fluides de mots et d'images circulant d'un blog à l'autre, nous y avons croisé nos photos.
Merci Dominique pour l'expérience. Voici son texte avec une de mes photos.

De même, vous trouverez mon texte sur son blog https://t.co/DiSxpaW86L

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Circulatoire

La barrière est peut-être, en vrai, finalement, invisible : le blanc de la séparation qu’elle instaure avec le jaune du sable et le bleu de la mer peuvent laisser passer le regard à travers elle. Ce ne serait qu’un obstacle imaginaire.

Dans le flot circulatoire qu’elle présente, avec ses feuilles d’acanthe ou d’Alcantara, ses arabesques et ses courbes ouvragées, ses délicats virages et croisements intempestifs, elle se soumet au principe maritime qui s’agite – éternellement – un peu plus loin : le flux et le reflux, la marée haute puis basse (la flûte, le violoncelle), le bruit sourd et entêtant, comme si l’on frottait une clé en marchant sur les ouvertures éclatantes, l’harmonie musicale se déroule, s’enroule et laisse sur le sol, après s’être retirée, si l’on regarde bien, quelques coquillages abandonnés.

Les deux hublots – imaginons que nous soyons bloqués dans un paquebot échoué – semblent recopier un style plus ou moins napoléonien, quand la flotte n’était pas que de la pluie. Une vincible armada se serait ainsi posée au bord du rivage, pour un repos ou une trêve dans la guerre avec l’Angleterre ennemie (bien avant le Brexit). Le sang bleu du ciel, impérial, surplombe les différents plans du paysage.

Facétieux, le soleil transforme les montants blancs de la barrière en noir : c’est un artiste du contraste, il aime créer de l’ombre quand il éclaire, pour peu qu’un objet, métallique ou autre, lui oppose une quelconque résistance. Dans sa dialectique colorée, l’astre royal a choisi ce qui peut inverser sa proposition : l’envers du décor est toujours la réponse à son affirmation brûlante.

Tu m’avais donné rendez-vous sur la plage, au milieu des estivants. Tu porterais un maillot de bain rouge à bandes blanches (un peu comme une Ferrari de course, avais-je remarqué). Je cherchais à te reconnaître, au loin, pourtant il n’y avait pas un monde fou à fouler le sable. Mon cœur commençait à battre plus fort : et si tu n’étais pas venue, ou si tu t’étais éloignée vers la haute mer, en croyant crawler sans danger ?

Et puis j’ai reçu un SMS sur mon portable :
– Je suis à l’hôtel des Roches noires, chambre 375, tu viens ?
L’écran de mon téléphone affichait 15 heures.

Après tout, pensai-je, il suffira que j’imagine les fenêtres de la chambre comme des ouvertures rondes vers le grand large, et les plis des draps me rappelleront les vagues tandis que nous voguerons alors l’après-midi, sans souci ni bouée de sauvetage, sur notre barque rectangulaire et immobile.

texte : Dominique Hasselmann
photo : Lan Lan Huê