samedi 23 septembre 2017


 
Déterrage de radis – Avec le radis, le chemin – m’est indiqué. | L'art du Haiku




Celui qui déterre les radis montre le chemin avec un radis écrivait Issa 
désignant dans le même geste l'antimonde du radis dans le potager des pensées


jeudi 14 septembre 2017

Belles de nuit






 ouvertes encore ce matin ombrelles nocturnes aux noms de choses que ne vivez-vous en ce bas monde travaillez-vous bavardez-vous lovées en pleine terre
simplicités dans l'attente d"une nouvelle nuit encore

jeudi 7 septembre 2017

Un rêve


Reflet du mont Fuji dans le lac Kawaguchi, vu depuis le col Misaka dans la province de Kai.

Hokusai, 
35ème vue du Mont Fuji
Reflet du mont Fuji dans le lac Kawaguchi, vu depuis le col Misaka dans la province de Kai



Elle nageait l'eau était chaude encore quand soudain l'automne est arrivé les courants l'ont alors entraînée une main obscure lui enfonçait la tête et malgré tous ses efforts elle ne parvenait à respirer cela fut si long qu'elle lâcha tout mouvement et toute pensée décida de se laisser couler le fond lui paraissait accueillant désormais je fermai les yeux moi aussi et en écoutant ses débats avec l'eau devenue si inhospitalière je ne sus pourquoi s'est imposée à moi ce poème de Li Po  :

"Les oiseaux ont disparu dans le ciel
Le dernier nuage s'est évanoui
Nous sommes assis ensemble
La montagne et moi
Jusqu'à ce que seule la montagne demeure"

la montagne était devant moi et doucement seule n'exista plus que la montagne seule n'exista plus que l'eau... l'eau toujours plus basse telle était sa devise
ouvrir les yeux c'était cette nuit en ce rêve dont il fallait restaurer la fiction ne pas en affirmer l'existence 
c'était cette nuit n'est-ce pas me suis je entendue le lui dire....

dimanche 20 août 2017

marguerite






Elle s'appelait marguerite c'était un temps où les quadrupèdes portaient des noms floraux était-ce au début du siècle dernier marguerite était en champs et son regard balayait l'horizon elle cherchait sa  baignoire rouillée où croupissait l'eau et où cohabitaient lentilles et grenouilles mais quel ingénieux bipède a imaginé cette pompe amenant l'eau fraiche comme d'un immense abreuvoir immergé dans la Loire pensée pour les plaines agraires ou plus encore n'est-ce son amour immodéré pour les quadrupèdes aux doux yeux langoureux 



Sygnes matin




















Je les ai vus comme je vous vois dans leurs ablutions matinales je ne les pensais vivants que dans les contes d'enfant ou sur les lacs dansants ils s'ébrouaient si discrets qu'on les aurait pris pour des poules d'eau ou des ragondins ombres noires  entre plumes et poils êtres étranges sur le chemin transmutation c'est un temps devenu fleuve douceur matin couleurs lumières  ne le savez vous pas m'ont-ils dit dans le creux de l'oreille message transmis amis de toujours surgis du sable du rivage







lundi 14 août 2017

mémoires matin







il avait lu pendant des années ces phrases il n'y a pas de preuves il n'y a que des signes et voilà qu'entendues avec ces autres mots si désarticulés raison  foi voilà que sont advenus les signes d'un mystère au bord d'un réel qui soudain fait signe sans preuve aucune là où l'on ne peut qu'être incrédule là où il n'est plus possible de raisonner ni de démontrer face à ces signes d'un matin si fragile duquel fides et voilà que monte le mystère de ton humanité de ton amour malgré tout pour celui qui découvre l'essentiel de ce qui est à vivre là sur le seuil là où se règlent les comptes d'une vie là où certains s'en remettent au jugement de dieu et d'autres seulement à celui du langage pour dire au plus intime ce qu'est la vie la vie toute simple la vie avec sa cuisine des choses quotidiennes aimes-tu a-t-elle dit en son for intérieur mémoires revisitées neuves enfin dépouillées de leurs déceptions de leurs rêves ou de leurs espérances c'était sur le chemin le long de la côte le vent soufflait comme toujours faisant signe lui aussi de ce qui s'ouvrait ainsi sous les pas 





mardi 8 août 2017





Après-midi hésitant
Tiédeur du vent

A fleur d'écume
L'été s'en va



lundi 7 août 2017

au plus fort des vagues insomnie













Connais-tu l'océan à C.. ? Comment te dire c'est là où il l'a écrite cette pauvre histoire... tu ne me crois pas ...mais comme tu le connais... t'y vois-tu ? ... car tu y es peut-être toi aussi sur le sommet de cette colline... écoute alors... il était parti il y a longtemps déjà comment dire cela fait quelques décennies qu'il cherchait cette butte de terre qui surplombe l'océan...il avait demandé à tant de monde... il cherchait son chemin et la pierre à forme humaine au sommet de la colline... oui tu sais celle que tu as vue hier qui surplombe l'océan...il y en a qui demandent où est la mer il faudrait leur dire ah oui l'océan mer c'est ce que vous cherchez pauvres bêtas qui cherchez l'eau... et parce qu'ils l'aiment ils la nomment mer... tout ce qui leur tombe sous la main des mots... mais tant que les mots n'arrivent pas encore au pied de ce que peuvent dire les mouettes du large... comment veux-tu dire... il a cherché sur les cartes il a examiné les photos mais c'est une ballade par hasard le long du sentier côtier qui l'y a amené... par ici il n'y a qu'histoires de marins mais lui s'est souvenu d'une histoire venue de la terre... tu veux que je te raconte ce qu'il a trouvé dans les archives du village ? il l'a écrite et puis raturée et puis réécrite... mais tu sais parfois son esprit vagabonde... il regarde les mouettes dans le ciel... cela le perturbe c'est sûr... drôle d'histoire est-elle vraie est-elle fausse je n'en sais moi-même rien... mais peut-être n'as-tu vraiment pas besoin de cette vérité.... tout ce que je vais te dire n'est peut-être pas si faux je le tiens de lui je l'ai vu comme je te vois il buvait à cette table un soir où je me suis assise... tu n'as même pas besoin de fermer les yeux et de humer le large et de te dire dans ta tête pour toi seul comme quand tu étais petit " il était une fois ou peut-être deux"... c'est l'histoire d'une roche à forme humaine et l'on raconte dans les terres que c'était une femme qui était venue là elle portait son enfant et attendait attendait et il faisait si froid et les saisons passaient... ah non tu ne me crois pas ? ah excuse moi je te voyais sourire je me suis méprise je croyais que tu ironisais non non je continue ? elle attendait son homme qui était parti naviguer au loin... voyageur ou pêcheur on ne sait exactement ce qu'il est devenu pour les gens de la terre c'est la même chose...et puis tu sais dans le village d'où elle vient avec son enfant et d'où elle n'est jamais revenue oui les gens du village racontent qu'elle était en voyage quand ayant perdu ses parents les services sociaux se sont occupés d'elle... elle a grandi et puis elle a trouvé du travail et puis rencontré cet homme... ils se sont plus se sont connus ont eu un enfant ont établi leur vie ensemble...oui il y a du vent ici... sacré vent il emporte tout démâte même les bateaux qui partent au large... orages surtout après la mi-aout... un jour qu'elle se lavait les cheveux elle les lâcha devant elle et l'eau coula sur ses cheveux cela faisait des milliers de chemins d'eau petits serpents à travers la forêt et soudain il voit une cicatrice... l'homme ou celui qui écrit ? les deux tu me diras... ont eu le regard accroché par cette étrange tache rosée cicatrice chéloïde qu'on ne trouve que là étoile boursoufflée à même la tête... alors l'homme lui posa cette question comment donc t'es-tu fait cette blessure ? elle sourit et dit oh il y a très longtemps je jouais avec mon frère quand il a laissé tomber des mains un petite chose je ne me souviens plus quoi sur ma tête... alors on nous a séparés... celui qui écrivait leva la tête et non tu ne devineras jamais... c'est peut-être pure invention de ma part mais voilà ce qu'il a retranscrit tu sais c'était mon frère et il m'a blessée... l'homme sursauta... celui qui écrit ou l'homme qui vit dans le village en pleine terre ? les deux peut-être... regarde toi-même tu as sursauté... l'homme du village en pleine terre se leva le visage défait il observa la jeune femme cherchant soudain des moues familières il quitta la maison... on ne le revit jamais... les gens du village racontent que c'était son frère qui après lui avoir fait cette blessure partit pour toujours mais voilà qu'il l'avait retrouvée et que par deux fois il l'avait blessée... alors elle est allée au bord de l'océan elle l'attend sur cette butte et la voilà devenue pierre... frère et soeur dit la langue... avait transcrit l'homme... que dis-tu... cause toujours... ah ça te cause !...tu vois la pierre faite femme attend toujours... les saisons ont passé... le froid le chaud ne l'ont pas fissurée... ah tu crois qu'il a seulement copié cette étrange histoire que racontent les pauvres d'esprit du village ? toi non plus tu n'y crois pas... à quoi ? écoute le bruit des vagues... et les cris des mouettes qui se fracassent sur le roc du rivage... étrange langue océan face à la terre d'où se lèvent les mots obscurs qui défendent l'accès... que dis-tu ? je m'emballe je m'emballe et tu n'en crois pas un mot...je te dis que je ne fais que raconter ce que j'ai entendu il me l'a dit l'autre soir là à cette terrasse de café il était assis sur cette chaise il buvait ce drôle d'alcool qu'ils font par ici ah il a dit aussi qu'il n'écrit que le soir... quand tombe le bruit des hommes... mais au plus fort du grondement des vagues insomnie... 


Sur la proposition numéro 4 de l'atelier d'écriture de  F.Bon
 à partir de Nathalie Sarraute : http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4456

dimanche 6 août 2017

océan immodéré






En me retournant m'est venue cette question pourquoi cet amour inconditionnel pour les vagues si ce ne sont ces doigts rencontre à jamais dans le ciel voûte du monde marche avait-il dit tu es arrivé tu es chez toi et " quand ton esprit n'est pas encombré de choses inutiles c'est la meilleure saison de ta vie"  disait Wu-Men




vendredi 4 août 2017

marins en mer








Je l'avais cherchée pendant des années la retrouvant par hasard petite chapelle ou temple votif pour les marins morts en mer c'était à Port Crouesty vers Arzan à l'entrée du chenal la mémoire a parfois ses certitudes quand arrivée au bas de la colline j'ai tout de suite su que c'était elle emplie encore des paroles de ceux qui les attendaient debout sur la jetée et le soleil et la lumière qui ne font oublier la présence des leurs et puis de ces mille petits riens en leurs regards océan tournés vers ces petits éclats  fragrances d'algues en route dans le temps





mardi 1 août 2017

floc












C'était en plein désert arches d'eau myriades de gouttes elles éclaboussent le regard fraîcheur fraîcheur à travers les barreaux fenêtre de l'aimée mais pourquoi les barreaux pourquoi cette ombre espérances de désert que ne hais-tu douceurs alhambra





lundi 31 juillet 2017

les chemins familiers







je ne suis pas triste avait-il dit c'est étrange à un moment donné ma vue ne voyait plus mon oreille n'entendait plus comme lorsqu'on s'endort et que les perceptions vous quittent une à une pour sentir seulement le serrement de la main d'une présence familière avec le sentiment que la vie de soi animal s'en allait mais le chemin  qui l'anime toujours vivant temps de passage des petites fins d'une fin de vie non je ne suis pas triste seulement surpris par cette nouvelle expérience que je n'avais jamais vécue serait-cela une fin de vie où seul compte le chemin sans ponctuation aucune sans but aucun il n'est que le sot qui regarde le bout du doigt qui désigne la lune ne sois pas triste je ne le suis pas je suis seulement content que tu marches sur mes chemins familiers elle avait raconté cela le ton de sa voix avait changé au cours des mots elle pensait seulement en être détachée car sa vie suivait un chemin  parallèle mais ses mots l'avaient ramenée à ce temps où s'était installé l'oubli Au milieu du chemin de notre vie Je me trouvais dans une forêt obscure D'où la voie droite avait disparu avait écrit Dante dans la Divine Comédie











dimanche 30 juillet 2017

Fenêtres sur âme




Dans la vallée de l'Urola à Azpeita une église fut construite autour d'une maison fortifiée elle l'encercle peut-être même l'étouffe et sur les murs restent encore des dessins d'enfant qui rêvent de voyages toutes voiles dehors et il y eut tant d'écritures et de ratures et puis aussi une cheminée où le regard caresse encore et le bois et le feu et le chaudron et puis aussi la soupe au parfum toujours présent l'enfant a vécu dans ces murs avant de s'en éloigner pour se dépouiller et mieux dénuder son âme il y eut voyages errances luttes et rencontres contemplation dans l'action avait-il dit énoncé paradoxal à méditer mais n'est-ce ce que l'on nomme koan il s'appelait Ignace était né en 1491 c'était à Loyola dans la vallée de l'Urola à Azpeita et voulant sonder son regard étrange a résonné dans le suspens du silence cette toute aussi étrange phrase " la rose est sans pourquoi" que cherches tu donc





vendredi 14 juillet 2017

disparition






Je l'ai retrouvée sur la plage l'on m'a dit c'est le pêcheur parti tôt ce matin qui l'a laissée jamais pourtant je ne l'ai croisé ai imaginé sa remorque pleine de poissons et de coquillages abondance en route incessante à travers la plage seule est restée sa trace ensablée au milieu des algues me suis installée pour guetter fermement son retour





jeudi 13 juillet 2017






leçons de choses histoires de rien et ces questions d'enfant pourquoi les oiseaux ont-ils des têtes noires et des pattes rouges que n'épuisent les réponses amenées par le vent sternes sternes sternes a pourtant dit l'écho






histoires de rien












c'est le vent qui hurle souffle et crie comme une colère d'enfant il tourbillonne dans les murs sable soleil autour du verre du soir il raconte ce que veulent dire les locaux calme ce matin lumière ascendante retrouvaille





mardi 11 juillet 2017

l'océan sans boussole











et ce bonheur de retrouver l'océan  sans boussole si ce n'est celle de l'enfance de ses cinq ans pourquoi cinq ans serait-ce l'âge d'un Noël avec sa première poupée dans sa boîte avion et les poumons pleins du large avec les yeux étoiles et les jambes ensablées cinq ans pour toute l'éternité en son regard océan brume salée mouettes du Pacifique et c'est l'eau hors temps que tu inspires et expires en chacune de ses molécules insouciance vacances enfance vagues ressac sans cesse sans cesse présent d'éternité












lundi 10 juillet 2017

orages






orage orage tant cette nuit et la boue ce matin en appelle au voisinage oiseaux tapis dans les arbres baignés d'eau ils regardent passer les escargots passent les mouettes et puis les nuages soucis de la vie puissiez-vous passer aussi 



dimanche 9 juillet 2017

jeune à cent ans



Résultat de recherche d'images pour "hokusai self portrait"



L'on ne nait pas jeune on le devient
Hokusai Katsushika disait :

"Depuis l'âge de 6 ans, j'avais la manie de dessiner la forme des objets. Vers l'âge de 50 ans, j'avais publié une infinité de dessins, mais tout ce que j'ai produit avant l'âge de 70 ans ne vaut pas la peine d’être compté. C'est à l'âge de 73 ans que j'ai compris à peu près la structure de la nature vraie des animaux, des herbes, des arbres, des oiseaux, des poissons et des insectes. Par conséquent, à l'âge de 80 ans, j'aurai fait encore plus de progrès ; à 90 ans, je pénétrerai le mystère des choses ; à 100 ans, je serai certainement parvenu à un stade merveilleux et, quand j'aurai 110 ans, tout ce que je ferai, un point, une ligne, sera vivant."
comment dire en vérité ce que fait entendre Hokusai peut-être qu'avec le temps la répétition  peut dépouiller les mots les formes les traits et les points de leurs scories d'où un certain bienfait de la répétition mais elle vient détruire sa propre nature en ne répétant plus du même mais en amenant du neuf
vie souffle et mots en ses lapsus ou inventions deviendraient alors opportunité jeunesse voire naissance  quintessence saisie enfin sur le seuil où le corps s'en va
un petit tour et puis s'en va et seul reste le temps de faire le parcours et l'expérience
est-ce ce pourquoi le singe sourit






 Singe, jouant avec un jouet, 1800, Hokusai ( 1760-1849 )






attrape papillons ou libellules 
défleuri ce matin
orages dans la nuit
écoute venir la pluie 
perles d'eau encore
oh oui






vendredi 7 juillet 2017

découverte du matin



 il y a le chemin paysage que l'on fait seul à deux à trois ou à quatre en s'exclamant et puis soudain j'ai vu ce que je ne suis pas arrivée à formuler ni à dire plus avant c'est un chemin un lieu peut-être dans son temps face à l'inconnu 

et en lisant ces phrases de Jabès dans "Esprits nomades" :

"Il n'y aura jamais assez d'heures pour venir à bout de la mémoire.

« Avant il a l’eau, après il y a l’eau ; durant toujours durant, … Jamais l’eau sur l’eau, jamais l’eau pour l’eau, mais l’eau où il n’y a plus d’eau, mais l’eau dans la mémoire morte de l’eau. Vivre dans la mort vive, entre le souvenir et l’oubli de l’eau entre la soif et la soif… »
Ainsi dit la voix profonde et calme de Jabès. Voix venant des déserts, sereine de toutes les caravanes et de tous les hiéroglyphes, de toutes les sagesses. Et surtout de toutes les mémoires."

c'est une autre eau encore que celle évoquée ici par Jabès qui m'est apparue, une eau du lieu, un être de l'eau, être là au monde qu'accompagne le langage qui le borde peut-être est-ce pour cela que poésie est nécessaire.

découverte si mineure mais lever de soleil de bonne heure ce matin avant les embarras du jour
petit rien qui m'a rendue joyeuse





jeudi 6 juillet 2017

fraîcheur matin







ils étaient blancs hier et les voilà noirs n'est-ce ton regard ou le fleuve qui t'ont joué ce tour
est-ce le lieu ou le moment qui cherche ainsi à se retrouver tous les matins
ce sont des bruits peut-être des cris
soudain est là dans la lumière plistes de monde dans ce hors-temps qui fait plisser tes yeux
c'était sur le chemin qui ne se lasse


mardi 4 juillet 2017

cuisine d'aromates








Ocimum basilicum thyrsiflora et Perilla frutescens étaient leurs noms botaniques mais elle me les avait donnés habillés des noms familiers de son jardin intérieur la giâp ca et la tia tô elles les semait les observait comme l'on élève des enfants l'un tendant ses bras l'autre étirant ses jambes et ce dès le matin habitée par je ne sais quel malheur précoce de la vie elle le portait encore la soixantaine passée mais venant me parler des recettes d'une vie peuplée de mère mari enfants et petits enfants jamais à la place qu'elle aurait voulu mais l'auraient-ils pu elle est repartie souriante dans une adresse retrouvée oh si petite adresse sur le chemin d'une vie mouvementée elle a déposé une fois encore grands et petits malheurs et nous avons pu rire ensemble des farces et des joies d'une langue assaisonnée d'humour qui la fait trébucher une fois encore sur les mots ah que les aromates  peuvent être doux et aidants certains matins j'ai frotté la mémoire de leurs feuilles cherchant l'oraison de leur parfum cumin menthe ou n'était-ce basilic réglisse







lundi 3 juillet 2017

17, 18, 19, 20 ! oh oui je vous assure





toujours par deux ils sont revenus dans le bras calme du fleuve presque devenu étang en cette époque de l'année et les battements de leurs ailes m'ont fait imaginer qu'ils me parlaient quelque langue cygne onomatopées insignes tous phatiques de voyages et l'eau toujours l'eau tournoyante incarnoyante de reflets qui font dire encore et toujours combien l'océan est loin et sans beaucoup de façons je me suis demandée ce que leurs frappements d'ailes pouvaient bien traduire de voyages inachevés dans l'ombre des nuages vers son sud de sable blanc