lundi 21 septembre 2015

il pleut des riens


Il y en a qui disent : "grimper aux arbres"
Et qui n'en tombent pas


Et d'autres : "embarquer pour Cythère"


Et qui ne trouvent sur leur chemin que
Griffures sèches d'automne


Et des bogues vertes feuilles rousses
Où heurte le pied


 " Forget me not" ont-ils tous dit



Car sous l'acier et sous le verre



Il pleut des riens, 
Petites choses dénudées de leurs sirènes langage
Qui ne traversent pas la plaque froidure
D'un temps devenu hostile
Ah comment le rendre plus humain ?








dimanche 20 septembre 2015

Au-delà des murs


C'était une nouvelle architecture acier et verre contre tuffeau


Avec encore un déambulatoire serein comme un cloître
Qui essaimait ses idées
Gardées musée
Il y avait le pavillon des malpropres et des demi-agités
Des hommes et des femmes
Et des poules et des canards
Au fond tout au fond
Autrefois, il y a si longtemps


A l'intérieur des murs


Parfois troués


Echappées vers la grève soleil 


Avec le fleuve derrière les arbres


Et des volatiles qui vous font cygnes

C'était ailleurs



Des ombres éparpillées dans le corridor du temps
Solidaires énigmes humaines


jeudi 10 septembre 2015

Coulures du temps






replis, pliures, empreintes, laine rouge, encre bleue, essuyées, lissant ses traces ébouriffées




en leurs habits

couleurs de temps

lundi 7 septembre 2015

Plasticité de la langue



Henri Matisse disait à ses élèves : «…quand j’ai eu des élèves, je leur disais : Il faudrait commencer par vous couper la langue, car à partir d’aujourd’hui, vous devez vous exprimer avec des moyens plastiques uniquement "(1).

La langue devrait-elle altérer ses mots voire sa grammaire pour pouvoir dire elle aussi autrement.

Plasticité serait sa boussole. Matière instable qui remettrait sur l'établi son dense terreau pour dire encore et encore...










1. H. Matisse, Écrits et propos sur l’art, Paris, Herman 1972, p.308

samedi 5 septembre 2015

Comment ne pas voir ...




Ils ont dit qu'il n'était plus possible de ne plus entendre
Mais d'où ça vient  ?


C'est une douce lumière bleue
Qui n'existe que dans les yeux papyrus



Etrange marche où
Le monde est devenu sang
Comment ne pas voir...


lundi 31 août 2015

L'orage






Avant, pendant, après
Croquant, floquant sous la toile






Vite à l'abri



Avant que ne reprennent les bouquets couleurs lumière

 s




Bric à brac inutile
Douceurs incertaines
A ne garder au sec que pour l'hiver


Pise et Venise




" Les maires de Pise et de Venise s'étaient mis d'accord pour donner un choc aux visiteurs de leurs villes, qui depuis des siècles, ont été régulièrement emballés par Pise aussi bien que Venise, et ils avaient décidé de faire transporter et installer à Venise la Tour de Pise et à Pise le Campanile de Venise, en grand secret et de nuit mais ils n'avaient pas pu tenir leur projet secret, et, la nuit même où ils voulaient faire transférer la Tour de Pise à Venise et le Campanile de Venise à Pise, ils avaient été internés d'office, comme il se doit le maire de Pise à l'asile de Pise et le maire de Venise à l'asile de Venise. Les autorités italiennes avaient su traiter toute l'affaire avec la plus grande discrétion."




           Résultats de recherche d'images pour « le campanile venise »







Pise et Venise, L'imitateur, Récits 1971-1982, Thomas Bernhard, Quarto Gallimard, 2007, p 578.

dimanche 30 août 2015

C'est un banc





Qui pense
Se mettre en marche
Bientôt
Car il verrait enfin, au bout du chemin




Ces pierres
Là-bas
Qui se contorsionnent



Oui là-bas
Qui ne cessent
Grimace de bronze


Et leur antimonde
 se hisse


Et bulle et bulle




Ses clins d'oeil 
Parenthèses de la vie







vendredi 28 août 2015

Couleurs d'automne





Faire le tour de la ville, en rouge, en vert, en bleu



Ils m'ont attaché là. Impossible de bouger.



Mais des couleurs


 De l'acier et puis du verre










 Et puis quelques tulipes


Et le bougé de l'araignée 

En marche


Petits pas dans Bilbao





au musée Guggenheim






dimanche 23 août 2015

A l'estran de l'âme










Sur les pierres couleurs de monde
Surnageant, surfactant
Leurs murs taiseux,
L’ombre blanche a enseveli de ses syllabes silence
Le texte vent qui lève

A l’estran de l’âme.



Photo : Bona Mangangu
Texte: Lanlanhuê
via : Ouvertures-réel