samedi 17 novembre 2018

historioles divan : comment écrire après avoir tant parlé ?


Pourquoi raconter encore des histoires et comment les raconter, se demandait-il après avoir tant parlé de la sienne. Etait-ce une fin de parcours qu'il signalait, il se mit à rire en s'entendant le dire ainsi. Raconter des histoires. Se raconter des histoires. Fictions, fictions où la tristesse s'est muée en joie, à travers le filtre de qui la raconte, mais aussi de qui la reçoit. Ecrire mais quoi donc après avoir tant parlé ? Des flots de mots lui sont arrivés, fictions véridiques, griffures sur pages blanches, mais c'était de nuit, des mots hors cases, des mots hors sens habituels, des mots hors histoires particulières, des mots si près d'une source jusque là par lui inconnue, des mots devenus neufs, en des histoires devenues misères banales, en leurs écarts, leurs accrocs, leurs déceptions, mais oui, des mots tout neufs, en vadrouille, des mots devenus choses, en leurs chemins de traverse.  Il en pétrissait la matière et le rythme, des nuits entières. Lorsqu'il quitta la pièce, en le voyant s'éloigner, j'ai pensé à ce film de Chaplin, où dansaient des petits pains comme des chaussons de danseuse. Et je crois bien que j'ai ri moi aussi, dans la joie et la légèreté des mots devenus choses, libres, si libres, dansant sur "l'écran blanc de leurs nuits noires".


Résultat de recherche d'images pour "chaplin des pains comme des chassons de danse"

liste de choses douces





Liste de choses douces
Qui ne s'oublient pas :
les nuages qui passent dans le ciel
le chien et son regard pénétrant
une rose pleine de rosée
"La rose est sans pourquoi ; 
elle fleurit parce qu'elle fleurit "
en ses mots en herbier




vendredi 16 novembre 2018

historioles divan, cartes postales




une carte postale avec un plan imaginaire, qui vient d'Afrique du Sud, à son dos un anglais hésitant et la signature de quelqu'un dont ce n'est pas la langue, strange world, égrène la carte postale 
une carte postale avec une dame édentée souriant et semblant si épanouie 
une carte postale avec un pont et des fanions par dessus un plan d'eau
une carte postale d'une plage de Méditerranée, en son été éternel
une carte de vœux égarée au milieu des voyages 

" petites choses qui font naître un doux souvenir"
entre deux rendez-vous
le temps le temps
en son cœur
battement









mercredi 14 novembre 2018

historiole divan, le voyage du message vocal






Le message était arrivé à 1h, à cette heure si matinale, il n'y avait personne au bout pour le recevoir, mais au lendemain, il laissa entendre une voix étrange si étrange, qui racontait des histoires qui ne sont plus, qui disait que  la grand-mère  scandait son nom " Claire ! Claire ! Claire !  " de la chambre d'à côté, le son résonnait dans l'oreille comme un orage, était-ce la voix de la grand-mère ou la voix de la petite fille devenue adulte qui la faisait entendre ainsi comme en écho, voix sombre de l'Autre ,devenue anonyme où seuls des bruits énigmatiques résonnaient dans l'oreille, était-ce bien elle que l'on appelait ainsi, était-ce celui du rêve ou l'écho halluciné d'une nuit d'insomnie, mais qui donc parle la nuit dans la boîte vocale ? Elle avait déposé ces sons dans le message, tout de suite après les avoir entendus, dans la boîte à messages, la voix est sortie de son oreille, le son sembla soudain plus doux, et cet appel de l'Autre, appel à l'Autre, appel à l'aide, appel d'un monde inconnu lui sembla désormais plus humain, comme un couvercle posé sur l'abîme noir d'Orphée, elle n'en parla même pas la fois d'après.






mardi 6 novembre 2018

Poissons volants








Poissons nuages
Éclats de temps
Écailles pensées

Voiles en voyages
Trouées matières
Le ciel d'en bas

Ridules de l'eau
Ramures compactes
Le bleu encore

Bavardages d'hiver






Graines au vent
Couleurs d'hiver
Conversations 

Une carpe saute
Des rides
A la lune d'automne
( Shiki)

Éclaboussures
Caresses
Silence


mardi 23 octobre 2018

historioles divan, histoires de choses






C'était une chambre au dernier étage. Mais voilà il y eut ce rendez-vous, tout au haut de l'immeuble. La chambre avait gardé ses cendriers pleins et ses verres de rosé, une couverture sur le lit cachait le désordre des draps et tous ses résidus de corps ensevelis. Et tandis que le dégoût montait, la chambre sembla résonner d'un rythme sourd, un cœur venu à se dérégler a battu une chamade que rien n'expliquait. Histoires de chambre, histoires closes au sein du bâtiment que n'ignorent pourtant les voisins. Mais la chambre, mine de rien, semblait toujours neutre de sa porte d'entrée. Pourtant la nuit suivante, tard bien tard dans la nuit, une voix s'est levée, elle chantonnait des comptines d'enfant. C'était la nuit, si tard dans la nuit, était-ce un cauchemar emprisonné dans les murs de la chambre, car que peut bien faire une enfant dans cette chambre d'homme ? Et dans cette dentelle du temps, trouée d'images, la chambre filait ses fragments de phrases. Les avait-elle revus ? Qui donc ? Jamais ne le sut. Seul un bouquet de fleurs en son doux parfum, posé là sur la table, continuait de lui faire signe.



samedi 13 octobre 2018








Les mots étaient partis sans que je ne sache comment, mais les voilà revenus par des archipels amis, un par un en ordre dispersé, mystère que le silence entre ses rafales de vent











lundi 11 juin 2018

babils babels



  




c'est un banc en marge du chemin où aboient les grenouilles et jacassent les oiseaux ils ont fissuré ses fibres de bois et seules sont restées suspendues au-dessus des miroirs d'eau ces voix monde miaulements ramages fibrillaires fractales