mardi 11 octobre 2016

Entre deux orages












Parfois en renversant la tête, les nuages racontent de drôles d'histoires. De couleurs qui n'existent pas. De toiles impossibles à finir. Et toutes résonnent de ce qui jamais n'arrive. Si ce n'est dans les rêves les plus étranges. Des nuages verticaux s'installent sans être tornades. Simples torsions sur page blanche, cursives de ciel comme d'autres le sont, de sable ou d'herbes folles. C'est un peu fort tout ce que je vous raconte. Mais je ne fais que sonoriser ce que m'a raconté le vent, ce jour-là, dans les nuages. Ils étaient bleus, ils étaient gris, le ciel strié de sang opale. Miroirs soleil sur strates ardoise. Dialoguant entre deux orages. Sans queue ni tête. Ils se sont dissous dans l'orbe de l'horizon.








reliefs marins









Nous avons regardé, mouettes, avocettes et chevaliers aux gambettes rouges, les nacres bijoux étalés ici depuis toutes ces années, au milieu des colliers d'algues rousses, réservoir de mer, allures cactées. J'ai tant aimé vos reflets soleil, larmes nuages, morsures salées. Le froid s'est fait oublier l'espace d'un instant. Tropiques brumes le temps n'a plus de frontières. Ils ont tous fait leur toilette matinale, coiffé leurs ficus noirs. Et s'en sont allés vers de nouveaux horizons. Aux temps suspendus par l'oubli. Effaçant les nuages devenus blancs, seulement blancs, infiniment blancs, en leur appel du large. Si fort était le vent. C'était demain.






dimanche 9 octobre 2016

La vraie histoire du triporteur









Il a voulu voir la mer. Il a pris sa bicyclette et attaché sa remorque. Il a pris les autoroutes ( ceci est un fiction...), les nationales et puis les sentiers côtiers. Le sable de la plage s'est étalé sous ses yeux. Cimetière de coquillages et d'algues marines. Il s'est déshabillé et a laissé dans la remorque ses habits terrestres. Il s'est enfoncé dans les vagues, dans leurs délices salés, coiffés de mouettes et d'avocettes. S'en est fait amitiés plurielles, conversations rieuses. Mais quand le soleil a baissé, il ne restait plus que son triporteur. Sur la plage. La marée est montée.  Nul ne l'a revu.  Dans les reflets des vagues, on raconte encore aujourd'hui dans les bars. Qu'il avait fait le tour du monde. Il avait été au Cap Vert. Puis à Ceylan. Puis dans des îles du Sud, aux noms inconnus. D'une terre où il se voulait seulement citoyen du monde. Ils ont pris le triporteur et ne sachant où le caser, ils l'ont mis au musée des vieux métiers de la mer. C'est ce qui se raconte encore dans les bars du village. Vrai ou faux, les yeux des enfants ont rêvé, d'une terre amicale aux océans du monde.





ombres et lumières














Les nuages étaient sombres. Tels des fantômes dans le ciel. En mouvements incessants, furtifs, changeants. Est venu un souffle. Vent entre les pierres. Somnambule de toujours par ici. Il se dit familier des murs. Et résonne dans les cheminées. Il en expulse des formes, dures, inconsistantes pourtant, découpées en leurs dessins crépuscule. Et dans leur éventail ciselé d'ombres et de granits, s'est dessiné ce hiatus permanent entre les choses et ce qui les nomme. Vent et soleil à cache cache. Entre les murs encore. Ombres et lumières. En leur paix du soir.


samedi 8 octobre 2016

Hors-temps






Ils sont revenus. Dérisoire nouvelle. Il fallait les attendre. Et sans doute ignorer leur hiver. Les cols-verts ne semblaient pas surpris. De leur déploiement d'ailes si bruyant. Fallait-il quand même avoir bien du temps. Pour s'arrêter et les observer encore. Inlassablement. Le temps a pris le rythme de leur envol blanc. Métronome en déséquilibre. Oscillations sans la ni si...




vendredi 7 octobre 2016

Vases communiquants avec la dilettante : Sentinelle de granit


Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de François Bon et Jérôme Denis. Ils ont été d'abord coordonnés par Brigitte Célérier, puis par Angèle Casanova. Depuis novembre 2015, Marie Noëlle-Bertrand coordonne les publications, les futurs échanges sur le blog associé le rendez-vous des vases Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l’idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.

Je remercie Marie Noëlle Bertrand pour son texte ici. Je l'accueille avec grand plaisir. Appréciant ses photos et ses textes depuis longtemps, sur son blog


 Bienvenue !








La nuit afflue vers les pierres millénaires,
la silhouette de la gargouille grimaçante
chasse les derniers vestiges du jour.

Gargouille au regard pétrifié, à la gueule béante,
tu n’es pas une menace, tu veilles
sur le cours lent de mes heures nocturnes.

J’affronte les ténèbres,
chemin vers d’obscurs mystères.
Je m’égare sur des routes,
promesses d’énigmatiques rendez-vous.

Éternelle sentinelle de granit,
ultime veilleuse matinale,
de ta masse familière,
tu m’accompagnes au-devant de l’absolu.







Je la remercie d'accueillir mon texte sur son blog


 http://ladilettante1965.blogspot.fr/ 

 


mercredi 5 octobre 2016



Résultats de recherche d'images pour « chu teh chun » 



Il avait rêvé être enfermé un soir dans un musée. Tout serait devenu calme, blanc, vide, comme la nuit des choses devenues vivantes. Les matières auraient envahi les murs. C'était une maison intérieure. Toute de silence, de blanc et d'espaces méconnus. Il se serait allongé sur la plage du monde. Pour absorber leur être réconcilié. Goûter leur lumière. Sustenter leur chaleur et la verdeur de leur langue. Matin.



Photo in desarthe.com




mardi 4 octobre 2016




Un ascenseur s'était bloqué dans les étages du temps. Un musée s'y installa dans ses miroirs. Il renvoya à l'infini ses personnages venus d'ailleurs. Mise en abîme de peintres, d'aquarellistes et de colleurs sauvages. Et de leur babel de langues, tessons matières, est montée cette rumeur si lointaine. C'était une mosaïque qui de vagues en vagues,  a conduit les  mots et les couleurs à la parole. Extrêmes chemins. Tumultes fougueux.


Résultats de recherche d'images pour « chu teh chun oeuvres » 

Chu Teh Chun
 

lundi 3 octobre 2016

le toit du monde











Où donc est leur toit, si ce n'est ce ciel bleu, si bleu, contrasté encore d'ombre matin. Envolées d'ailes sauvages.